Destination Maroc : ce guide reprend, dans l’ordre, ce qu’il faut faire pour y étudier par vous-même. Vous y trouverez études et admission, visa et titre de séjour, assurance santé, logement, budget et ressources, à l’arrivée et travailler pendant vos études, et chaque information renvoie à sa page officielle.

Comment entrer dans une université ou une école au Maroc

Au Maroc, l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) est l’organisme public qui accueille une grande partie des étudiants étrangers et qui attribue les bourses du Royaume du Maroc. Selon l’AMCI, pour l’année 2019-2020, environ 14 500 étudiants étrangers étudiaient dans des établissements publics marocains, dont 12 500 venus de 47 pays africains.

Pour un établissement public, vous ne candidatez pas directement auprès de l’université. Vous envoyez à l’AMCI, par l’intermédiaire des autorités compétentes de votre pays d’origine, une demande qui explique vos choix, avec votre dossier d’études (vos diplômes et relevés de notes). Chaque année, le gouvernement marocain propose des places dans le public avec ou sans bourse : vous pouvez donc candidater même sans bourse.

Le dossier est envoyé à l’AMCI par voie diplomatique, c’est-à-dire par les ambassades. La page officielle consultée indique une date limite au 31 juillet de chaque année, mais elle ne dit pas quand elle a été mise à jour : vérifiez le calendrier auprès des autorités de votre pays. Si vous êtes retenu, votre nom figure sur la liste que l’AMCI envoie à l’ambassade ou au consulat du Maroc de votre pays. Le formulaire de candidature est publié sur la page « Publications » de l’AMCI (pour 2025-2026, en arabe).

Pour vous inscrire en licence, vous devez avoir un baccalauréat (ou un diplôme équivalent) obtenu l’année même de votre inscription, avec la mention très bien, bien ou assez bien. Pour un master, il faut une licence obtenue avec la mention bien. Pour un doctorat, il faut un master et préciser la filière et l’établissement choisis.

Dans les établissements publics, les cours se font surtout en français. L’AMCI le présente comme la « langue véhiculaire », c’est-à-dire la langue commune des cours. Si vous ne parlez pas français, le Centre International de Langues de l’AMCI propose une année de mise à niveau, avec une attestation de réussite pour poursuivre vos études au Maroc.

Vous pouvez aussi vous inscrire dans une école privée. Dans ce cas, le consulat indique que votre demande de visa doit d’abord recevoir l’avis du ministère des Affaires étrangères, sauf pour certaines grandes écoles reconnues par l’État, et que vous devez prouver que vous avez assez d’argent pour vivre pendant toute la durée de vos études.

Le visa pour étudier au Maroc selon votre nationalité

Les ressortissants de certains pays n’ont pas besoin de visa pour entrer au Maroc. Parmi les pays africains, la liste officielle du consulat cite l’Algérie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie.

Le Mali, le Congo (Brazzaville) et la Guinée (Conakry) figurent aussi sur cette liste, avec la mention « Besoin d’une AEVM ». L’AEVM est une autorisation électronique de voyage au Maroc : un document à demander en ligne avant le départ, sur le portail indiqué par le consulat.

Si votre pays n’est pas sur la liste, vous devez demander un visa. Le consulat propose une plateforme eVisa (visa électronique) pour certains ressortissants étrangers, et le site acces-maroc.ma permet de vérifier si vous y avez droit. Sinon, la demande se fait à l’ambassade ou au consulat du Maroc de votre pays. Les frais (appelés « droits de chancellerie ») sont affichés sur le site du consulat.

Attention : être dispensé de visa ne suffit pas pour un long séjour. Au-delà de 90 jours, vous devez avoir une carte de séjour (voir la partie « Arrivée »), et la loi permet de demander pour cette carte un visa de séjour de plus de trois mois. Vérifiez avec le consulat avant de partir. Une fois au Maroc, vous ne pouvez pas changer de type de visa : il faut en redemander un depuis votre pays.

  1. Le formulaire de demande de visa d’entrée au Maroc, rempli en lettres majuscules
  2. Deux photos d’identité récentes en couleur, sur fond blanc (4 x 3 cm)
  3. Un passeport valable plus longtemps que votre séjour, et une photocopie des pages d’identité et de validité
  4. Votre carte d’identité, ou une carte de séjour, ou un document qui la remplace
  5. Une attestation d’inscription et/ou de bourse de l’AMCI ou d’un autre organisme officiel, ou une attestation d’inscription dans un établissement marocain public ou privé
  6. Selon votre cas, une « prise en charge » : un engagement signé et légalisé (certifié) par un parent proche ou un garant qui vit au Maroc
  7. Un engagement de quitter le Maroc à la fin de la validité de votre titre de séjour

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NationalitésVisaÀ savoir
Ces nationalités :
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Algérie, Allemagne, Andorre, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Belgique, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Gabon, Grèce, Hongrie, Indonésie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Koweït, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Malte, Mexique, Monaco, Niger, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Porto Rico, Portugal, Qatar, R.A.S. chinoise de Hong Kong, R.A.S. chinoise de Macao, République dominicaine, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Sénégal, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchéquie, Togo, Tunisie, Turquie

Pas de visaVotre pays figure sur la liste officielle des pays dispensés de visa d’entrée au Maroc. Pour certains pays, la liste limite la durée du séjour (par exemple 30 jours pour les Maldives et Hong Kong, 90 jours pour la Malaisie et la Hongrie). Pour des études de plus de 90 jours, vous devez demander une carte de séjour après votre arrivée, et elle peut être soumise à un visa de séjour de plus de trois mois : vérifiez avec le consulat.
Ces nationalités : Congo-Brazzaville, Guinée, MaliSelon le casVotre pays figure sur la liste des pays dispensés de visa, avec la mention « Besoin d’une AEVM » : vous devez obtenir une autorisation électronique de voyage au Maroc (AEVM) avant le départ. Pour des études de plus de 90 jours, une carte de séjour est aussi obligatoire après l’arrivée : vérifiez les conditions avec le consulat.
Toutes les nationalités, sauf :
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Algérie, Allemagne, Andorre, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Belgique, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Congo-Brazzaville, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Gabon, Grèce, Guinée, Hongrie, Indonésie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Koweït, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Mali, Malte, Mexique, Monaco, Niger, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Porto Rico, Portugal, Qatar, R.A.S. chinoise de Hong Kong, R.A.S. chinoise de Macao, République dominicaine, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Sénégal, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchéquie, Togo, Tunisie, Turquie

Visa obligatoireVotre pays ne figure pas sur la liste officielle des pays dispensés de visa d’entrée au Maroc. Vérifiez sur acces-maroc.ma si vous pouvez demander un visa électronique, sinon déposez votre demande à l’ambassade ou au consulat du Maroc de votre pays. Pour des études de plus de 90 jours, une carte de séjour est obligatoire après l’arrivée.

L’assurance maladie des étudiants (AMOE)

Au Maroc, il existe une assurance maladie obligatoire pour les étudiants, appelée AMOE. Selon l’ONOUSC (l’office public qui gère les œuvres sociales des étudiants : logement, restauration, santé), elle concerne les étudiants marocains et étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur public ou privé.

Pour en bénéficier, vous devez être régulièrement inscrit, avoir 30 ans au plus, et ne pas avoir déjà une autre couverture médicale. C’est la CNOPS, une caisse publique d’assurance maladie, qui rembourse vos soins.

Dans un établissement public, l’État paie la cotisation (la somme annuelle de l’assurance). Dans un établissement privé, vous payez 400 DH (dirhams) par an au moment de l’inscription (montant affiché sur le site officiel au 30 octobre 2026).

L’inscription se fait chaque année avec un formulaire en ligne sur le site de l’université, au moment de votre inscription. L’ONOUSC indique que le numéro de la carte nationale d’identité électronique sert de numéro d’assuré : demandez à votre établissement quel numéro est utilisé pour un étudiant étranger.

  1. Être régulièrement inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu
  2. Avoir 30 ans au plus
  3. Ne pas avoir d’autre couverture médicale
  4. Remplir le formulaire en ligne de votre université à chaque inscription

Se loger : cités universitaires et résidences privées

L’ONOUSC gère les cités universitaires (les résidences publiques pour étudiants). Les étudiants étrangers peuvent y être logés, dans la limite des places de chaque cité, par l’intermédiaire de l’AMCI : c’est l’AMCI qui envoie à l’ONOUSC la liste des étudiants étrangers proposés. Si vous êtes retenu, l’ONOUSC indique trois étapes (voir la liste ci-dessous).

Pour l’année 2026-2027, les candidatures sur la plateforme logement.onousc.ma étaient ouvertes du 20 août au 25 septembre 2026. Pour un étudiant étranger, la page de l’ONOUSC indique de passer par l’AMCI.

Si vous êtes retenu par l’AMCI, vous pouvez aussi être logé à la Cité Universitaire Internationale de Rabat. Selon l’AMCI, sa mission principale est d’héberger les étudiants et stagiaires étrangers retenus par l’agence. On y trouve notamment une infirmerie, un cabinet médical, des terrains de sport et une épicerie. Selon son règlement intérieur (édition 2024-2025), si vous n’êtes pas boursier de l’AMCI, vous payez le loyer et la caution (une somme gardée en garantie) en une seule fois, au moment de l’inscription.

L’ONOUSC rappelle que trouver un logement étudiant n’est pas toujours facile, surtout dans les grandes villes. Pour ceux qui n’ont pas de place en cité universitaire, il existe des résidences privées, plus ou moins économiques. L’ONOUSC en cite plusieurs sur son site.

  1. Retirer votre autorisation de logement auprès de l’AMCI
  2. Préparer votre dossier de logement et le déposer au service des affaires estudiantines de la cité universitaire
  3. Payer les frais de logement

Votre budget et les ressources à prouver

Nous n’avons trouvé sur les sites officiels marocains aucun montant pour le coût de la vie d’un étudiant (loyer, nourriture, transport). Demandez une estimation à votre établissement ou à l’AMCI avant de partir.

Vous devez pouvoir prouver que vous avez assez d’argent. La loi marocaine demande des « moyens d’existence suffisants » (assez de ressources pour vivre) pour obtenir la carte de séjour étudiant. Pour une école privée, le consulat demande aussi de prouver ces moyens pour toute la durée des études. Aucun montant minimum n’est indiqué.

Quelques frais sont connus : l’assurance maladie AMOE coûte 400 DH par an dans le privé et elle est gratuite dans le public (montant affiché sur le site officiel au 30 octobre 2026). Les frais de visa et les droits de timbre (une taxe) de la carte de séjour existent, mais leur montant n’est pas affiché sur les pages consultées.

Des bourses existent : selon l’AMCI, 85 % de ses étudiants africains étaient boursiers en 2019-2020. Le montant de ces bourses n’est pas indiqué sur la page consultée.

À l’arrivée : la carte de séjour « étudiant »

Si vous restez plus de 90 jours, vous devez demander une « carte d’immatriculation ». C’est le nom de la carte de séjour pour les étrangers au Maroc (loi n° 02-03). En attendant la carte, le récépissé (le reçu de votre demande) la remplace. Vous devez pouvoir présenter l’un ou l’autre à l’administration dans un délai de 48 heures.

La carte est valable de 1 à 10 ans et peut être renouvelée. Si vous faites des études et avez assez de ressources pour vivre, elle porte la mention « étudiant ». Si vous changez d’adresse, vous devez le déclarer aux autorités.

La demande se fait au service des étrangers de la Sûreté nationale (la police, appelée DGSN) de la ville où vous habitez, une fois que vous êtes officiellement inscrit et que vous avez trouvé un logement. Nous n’avons pas pu consulter le site de la DGSN : la liste exacte des documents n’est donc pas confirmée. Demandez-la à votre établissement ou à la DGSN de votre ville.

Si la carte vous est refusée ou retirée, la loi vous donne 15 jours pour quitter le Maroc. À la fin de la validité de la carte, vous devez partir, sauf si vous l’avez renouvelée.

  1. Avant 90 jours de séjour : demander la carte d’immatriculation mention « étudiant »
  2. Garder sur vous le récépissé de demande en attendant la carte
  3. S’inscrire à l’assurance maladie AMOE au moment de l’inscription à l’université
  4. Déclarer tout changement d’adresse
  5. Renouveler la carte avant la fin de sa validité

Travailler pendant vos études

Nous n’avons trouvé aucune page officielle marocaine qui explique si un étudiant étranger peut travailler pendant ses études. Cette information n’est donc pas confirmée.

La loi distingue la carte de séjour « étudiant » de la carte délivrée à un étranger qui veut exercer une activité professionnelle soumise à autorisation : cette dernière porte la mention de l’activité.

Le Code du travail prévoit qu’un employeur qui veut recruter un salarié étranger doit obtenir une autorisation du ministère chargé du travail, sous forme de « visa » apposé sur le contrat de travail. La version française consultée date de 2011 et le texte a pu changer depuis. Avant d’accepter un emploi, vérifiez auprès du ministère chargé du travail, de la DGSN ou de votre établissement.

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